Bois Davaud

Le monument aux morts des bois Davaud

Le Bois Davaud et sa statue constituent un monument de mémoire emblématique de Saint-Cergues, rendant hommage aux quatre jeunes martyrs fusillés en 1944 par l’armée allemande.

Statue bois davaud saint-cergues ancienStatue bois davaud saint-cergues

Le bois Davaud en détail

Lieu de mémoires

Le bois Davaud et sa statue sont un monument de mémoire, qui rend hommage aux quatre jeunes martyrs de Saint-Cergues qui furent fusillés en 1944 par l’armée Allemande.

Écoutez cet extrait de l’émission Vacarme de la RTS qui parle du devoir de mémoire de Saint-Cergues :

Les combats de la libération : 15 août 1944

Le 15 août 1944, avec les débarquements sur les cotes de Provence des troupes alliées et françaises, le combat pour la libération était engagé. Tout le monde savait que l’Hostellerie Savoyarde de Machilly était un bastion important des soldats allemands. II fal­lait à tout prix faire sauter ce verrou. Le récit de ce combat fut une belle victoire des groupes armés des F.F.I. de la vallée de Boège. Il a été retrouvé au Pax la copie d’un rapport allemand concernant cet assaut. L’officier, auteur de ce rapport, relate les circonstances et le déroulement des violents combats qui opposèrent les troupes d’occupation aux résistants. 

« À 8 h. 30, indique l’officier allemand, un convoi composé d’une auto et d’un camion « Saurer 80 places » partant d’Annemasse atteignait St-Cergues à 9 h. 

À l’entrée de la localité, nous fûmes placés sous un feu violent de mitrailleuses et de mitraillettes provenant d’un champ de maïs et de jardins, près de la route. Les hommes sautèrent du véhicule et se mirent en position des deux côtés de la route. Nous ripos­tâmes aussitôt au feu. L’adversaire se trouvait à 60 mètres de nous et prenait la route sous un feu violent. En mettant pied-à-terre, nous avions déjà un mort et plusieurs blessés. Après un dur com­bat, nous réussîmes à rejeter l’adversaire à l’entrée du village. 

L’ennemi se retira vers l’est sur une petite hauteur et continua à tirer sur notre flanc avec des mitrailleuses ; à la suite d’un feu effi­cace de grenades, les terroristes durent évacuer la hauteur … Le combat dura 45 minutes. Le convoi avait deux tués et neuf blessés dont une grande partie grièvement. Les pneus des véhicules étaient transpercés, le réservoir du camion « Saurer » fut percé. Après que le chef Albrecht fut mis hors de combat par suite d’une blessure, j’ai pris la conduite des opérations. L’exécution de la miss­ion n’était plus possible avec les véhicules. 

Nous nous sommes éloignés en prenant une route latérale le long de la frontière dans la direction d’Annemasse. 

Sur la route, vers la gare de St-Cergues, nous fûmes pris de nouveau sous un feu violent de mitrailleuses provenant des hau­teurs d’en face. 

Nous avons remarqué vers le « saurer » une forte détonation, probablement un coup direct par un projectile au phosphore ; le camion fut aussitôt entouré de flammes, puis se mit en mouvement provoquant l’incendie du deuxième véhicule. Le feu se propagea rapidement aux munitions à tel point qu’il fut impossible d’enterrer les tués. Les sous-officiers Aldenhoven et Bierk, qui avaient été blessés dans le premier combat, furent atteints mortellement, de sortie que le nombre des tués s’élève à quatre.

La position de l’adversaire était si favorable qu’il ne fut pas possible de l’arrêter par notre défense …Nous avons réussi, cependant, a regagner avec les blessés le point d’appui de la douane de St-Cergues et à tenir jusqu’à l’arrivée des renforts d’Annemasse. 

Total des dégâts : quatre tués, quatre blessés, deux véhicules hors d’usage ; proche de la douane : trois tués, trois blessés… Quatre blessés qui ne survivront pas, soit en tout : onze morts » 

Cette relation des combats par cet officier allemand inconnu donne une vue assez exacte des événements. Du côté des F.F.I deux soldats furent mortellement blessés, un civil tué et une ferme incendiée. 

La libération de St-Cergues et Machilly, le 16 aout 1944 préludait aux libérations d’Annemasse le 18 aout 1944. Ce fut une grande lueur d’espérance, encore que la guerre n’était point achevée. Elle aura couté la vie à six enfants du pays, tués ou morts en déportation.

Victimes de la guerre de 1939-1945 : Bel Raymond, Chapuis Charles, Lazzari Verther, Périssier Georges, Suchet Léon, Vautherot Roger. 

Douane de Moniaz guerre 1944

les barbelés à SAINT-CERGUES ( MONIAZ )

Douane de Moniaz guerre 1944

la frontière Franco-Suisse à l’heure de la libération avec des soldats suisse

Des combats pendant la messe de l’Assomption

En ce 15 août 1944, des combats se déroulent également notamment du côté de Chaux-Balmont avec des scènes inimaginables comme le raconte l’historien Michel Germain : des combattants « posent les fusils devant l’entrée de l’église, vont à la messe pendant que deux gars montent la garde. Ils font une bénédiction rapidement. Les gens allaient à la messe tranquillement pendant les combats entre résistants et Allemands. »

Retrouvailles des anciens combattants de Saint-Cergues

Anciens combattants saint-cergues 1945

Découvrez d’autres quartiers